PrincesseTorchon

une princesse au foyer entre crise de nerf et crise de rire

18 septembre 2009

Littérature populaire ou populiste ?

Les chiffres sont tombés il y a quelques jours, m'arrêtant dans l'écriture de l'article que je vous réservais, sur un livre que j'ai adoré. Les chiffres sont donc tombés. Selon le classement des IPSOS/ Livres Hebdo pour le mois de juillet, les romans en tête des ventes sont « Le premier jour » de Marc Levy et « Que serais-je sans toi ? » de Guillaume Musso.

Disons-le avec honnêteté, sans fioriture, les ouvrages de ces deux scribouillards (ceux que j'ai eu la folie de lire – et jusqu'au bout encore !) sont de la merde. Oui. Sans majuscule. En tout cas du point de vue littéraire. Il est mal vu, dans les blogs, sur les forums, de descendre la prose de monsieur Lévy. Ouaip. Des hordes d'internautes -la bave aux lèvres et le regard sanglant- sautent généralement à la gorge du critique en question. Non  pas qu'ils montrent, paragraphes de l'auteur à l'appui, cette qualité d'écriture qu'ils invoquent pourtant à tout bout de champs. Nan, les insultes -selon eux- pleuvent très vite. Nous, les démolisseur de Lévy, Werber and co, sommes au mieux de petits snobinards admirateurs d'ouvrages prétentieux et illisibles, au pire des jaloux qui ne supportent pas les succès d'édition. Si on a l'audace de rétorquer, de répondre que l'on aime certains auteurs populaires, Pennac par exemple, et que c'est la littérature commerciale, populiste et de mauvaise qualité que l'on dénigre, tout de suite ce sont des ripostes virulentes « de toute façon on peux aimer lire pour se distraire ».

Ok. J'avoue pour ma part ne pas toujours être dans l'état d'esprit de lire du Nabe, du Céline, du Rimbaud ou du Faulkner. Je lis beaucoup de bouquins de divertissement. Sauf que, sauf que leurs auteurs justement ne se prennent pas pour Nabe, Céline, Rimbaud ou Faulkner. Leurs mots suintent une modestie salvatrice. Ce n'est pas le cas de Levy, de Weber ou -le pire à mes yeux- d'Alexandre Jardin. Ce qui me gêne c'est l'orgueil de ces derniers. Leurs tournures de phrases -souvent ridicules- transpirent une sagesse de gare, une ivresse artistique de Prisunic. Dans « Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites » monsieur Levy assènent cette moral de discount avec toute la platitude -gigantesque- dont il est capable : « Il suffit de renoncer à ses rêves pour qu'ils s'évanouissent »; «Le monde est grand, l'amitié est immense »; « Parents et enfants mettent souvent des années avant de se rencontrer » Des citations pas même digne d'emballer nos papillotes.

Ensuite, certains de ces lecteurs ont le toupet de se poser en victimes, c'est d'ailleurs Lévy lui-même qui leur suggère « Si le microcosme littéraire a l'honnêteté de dire ce qu'il pense, c'est que le livre est exclusivement réservé à une petite élite de gens très intelligents et cultivés, qu'il le dise. Mais on ne peut pas à la fois appartenir à un milieu littéraire et dire dans les interviews qu'il faut protéger le livre, qu'il est en danger, et en même temps critiquer les gens qui lisent en grand nombre »

Depuis quand critiquer un livre c'est critiques ses lecteurs ? J'ai lu des Harlequin -oui bon personne n'est parfait- et j'ose dire que c'est de la bouse alors que j'aurais quelque répugnance à utiliser la même métaphore pour me décrire. J'ai lu de la bouse et je n'en suis pas moins une personne respectable. Alors oui j'ose dire que les ouvrages de Levy / Musso / Weber  sont de la daube même si certains de leurs lecteurs sont des amis proches. De plus, le snobisme n'est-il pas du côté de Levy lorsqu'il dit « le livre est exclusivement réservé à une petite élite de gens très intelligents et cultivés » ? - pense-il donc que ses lecteurs sont des benêts sans instruction ?

Enfin, on entend souvent dire qu'au moins les gens lisent grâce à des auteurs comme ça... Ouaip. Et alors ? En quoi l'activité de lire est-elle noble ? Si tout vaut tout, alors allons-y carrément mes amis, arrêtons d'assommer nos collégiens avec du Roald Dahl ou -pire- du  Molière et donnons leurs à lire le programme TV et l'annuaire. Parce que je vous le dis, si ma fille aime écrire je préfèrerais mille fois qu'elle utilise le style sms plutôt que le phrasé de monsieur Levy.


Ps : si tu aimes Marc Levy -ou un autre auteur cité ici- ne deviens pas fou de colère mais clique sur ton écran. Oui, là, à droite. Sur la petite croix...


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